Grand Vicaire n°19

Mardi 29 mars 2011, par Stéphane Guesney // Publications

OCTOBRE 2002

L’EDITO RIDEAU

Engeesiens, engeesiennes, Engeemiens, engeemiennes,

Une nouvelle fois se présente l’heure de changer de rédaction. Au fil du temps, le Grand Vicaire évolue, se modifie et… semble devenir de plus en plus mince et de moins en moins fréquent. L’heure de la relève a sonné et après une année transition marquant le départ de l’école de nos fondateurs en 2001-2002, la question se pose plus pressante que jamais : le GV, pour combien de temps encore ? Ici on a entendu dire que le cercle était fermé, que seuls une poignée d’élus pouvaient écrire ; là on a entendu que le Grand Vicaire, c’était un rassemblement d’articles pas sérieux, donc pas question d’aborder des sujets qui fâchent. Et bien non, le GV c’est tout sauf ça ! Rappelons le encore une fois, le GV, c’est nous tous qui le faisons et chacun peut amener son grain de sel ! Ni journal de l’école, ni magazine, la feuille de choux accueille volontiers tous vos écrits ! Un coup de cœur, un coup de gueule ? Un avis, une opinion, une pensée ? N’en jetez plus ! Timide ? Un pseudo fera bien l’affaire ! Râleur ? L’ancienne équipe n’en est plus à un près ! Déjanté ? La, la, la, on connaît ça ! Sérieux, philosophe, politologue, sociologue ? Il y en a déjà eu, puisse-t-il y en avoir encore (pas sérieux, s’abstenir !). Longue vie au Grand Vicaire, à vos plumes !

LE GRAND VICAIRE.

Euh ? Pas sérieux, ne pas s’abstenir ! Sérieux, ne pas s’abstenir ! Révoluzione ! Pétez vos gueulantes dans le torche moutard le plus libre du ministère de l’agriculture ! Le GV c’est votre défouloir (anonymes s’abstenir, vos articles ne passeront pas).

Crachez le feu qui vous brûle ! Poètes, à vos muses ! Hallucinés, à vos histoire louf’ ! Auteurs, à vos fictions réelles ! Penseurs, à vos grincements de méninges ! Journaleux, à vos scoops ! Concierges, à vos jumelles ! Nymphomanes et obsédés, à vos doux rêves ! Cordons bleus, à vos secrets ! Passionnés … à vous ! ! !

Tous ! Une feuille de papier, une trace d’encre, et vous faites naître la vie ! Que l’anarchie règne dans le Grand Vicaire ! Que les lecteurs rient, pleurent et tremblent ! Que la parution reste à tout jamais aléatoire ! Que la repro nous engueule et nous fasse des miracles ! Que l’ordinateur et l’imprimante ne marchent jamais normalement ! Qu’on se beurre à la Taverne !

Arg ! Mon GV je te sens déjà partir. Ta vie insidieusement me quitte. Déjà, mon stylo se refroidit, et nos réunions s’espacent. Déjà mon poste s’efface.

La relève est là, revenue vivante de Frasne prouvant ainsi sa solide constitution. Et bien mes chers 1A, c’est à vous que j’adresse ce vibrant cri. Pour la survie de cette feuille qui me permit de tant passer mes nerfs. Pour cette oreille de papier qui jamais ne me trahit. Pour ces bruits, pour ces idées, et pour ces cris que j’y ai lu. Faites le vivre ! Electrochocs, adrénaline et massages cardiaques ! Que l’âme du GV reste dans son corps, fait de feuilles A3 bricolées au dernier moment et fourguées en dernière minute à la repro. Qu’il ne devienne jamais un souvenir vague pour des ingénieurs qui, en DDA comme en bureau d’étude, se diront : C’est le Grand Vicaire, ah ? Toujours par derrière ? … Z. le voleur d’édito


ATTENTI0N CECI DOIT ÊTRE COMPLETE PAR LES 3A QUI SONT ALLES EN TUNISIE CE SI CHARMANT PAYS ET DONT LES NONS SONT INDIQUES LA TOUT EN BAS. SIGNE : CELUI QUI NE SAVAIT VRAIMENT PAS FAIRE COURT DANS SES ANNOTATIONS. LOH

Abécédaire de Tunisie

A comme Ali qui chante et qui conduit, apotropaïque c’est le signe de Tanis ou la main de Fatma. Mais aussi Afrique, ânes, avion, amandiers, amical, aride.

B comme bière celle qu’on a cherché longtemps, bus, bronzage, blanc, buffle, barrage, baignade.

C comme chicha, canicule, chaleur, chat, Carthage, Chantal Goya, cafard, coucou, cactus, chauffeur, chauffard, code de la route, couleurs, choukran, crissement.

D comme douches, décharge, détente, drôle, dormir, datte, dromadaire, désert, Djerba, darboka, Dominique madame HP, dépassement.

E comme ESIER, élèves, boulevard de l’Environnement, eau, enfants, extraordinaire, études, érosion, épices, escorte, eucalyptus, expérience.

F comme figues de barbarie, femmes, fatigue, fabuleux, fournaise, foot, fan de foot, frein, France-Tunisie match nul.

G comme gourmandise, gâteau, gazou, gazelle, guirlandes lumineuses, gestion des conflits, gyrophare.

H comme hallucinations, haschich, hydraulique, hygiène, Hautes-Pyrénées, hospitalité, heureux.

I comme itinéraire, ila lika’h, irrigation, ivre(sse), imodium, insolation, isuzu, interdit, Italie.

J comme jasmin, Jamel, joie, jour, j’aime la Tunisie.

K comme klaxon, kamikaze, kleenex, kaki, kawa.

L comme labesse mneh mneh, la, lentement, lézard, lunettes de soleil, lentisques, lever à 7h.

M comme Mohammed, minaret, mer, mosquée, moustique, mots-fléchés, médina, menthe, maman Geneviève, mouton, marabout, montagnes, Méditerranée, mateur, machos, marchander, musulmans.

N comme narguilé, naah naah, nature, nu, nuit, nouba, nid de cigognes, nous, nouveauté, n’oublie pas ta brosse à dents.

O comme oasis, oued, oliviers, œufs, omelette, ouvrages, oubli, odeurs.

P comme policiers partout, patates, piments, piqûres, paysages, PQ, pastis t’en a pô, porc, pirates, plage, parc naturel d’Ichkeul, port, pompe, pick-up, Pigeot, plaisir des yeux, prière, photos, portes, palmiers.

Q comme questions, qualité, que c’est beau !, quarante degrés à l’ombre.

R comme routes, roots, ragots, romarin, rires, radio, rigolo, rustique, râleur, radieux, ristourne, rabais, rencontres, ROR.

S comme sourires, souk, soleil, silence, sable, souvenir, saleem, super, Sidi bou Saïd, strapontin, serré, sobre.

T comme thé, tristesse, tests psychos, Tunisie, turista, tapis, tourisme, tajine, très fatigué, trop chaud, trop bien, toilette, techno tunisienne, tabou.

U comme unique, unité, Uruguay, utile, UV, uniformes.

V comme voyage, vie, voitures, vacances, village, vent, voile, virage, vitesse, vrai, visite, vérité, visions, vive la Tunisie.

W comme wâhed, WC, whisky, deux fois plus vite, waouh, WEI qui nous attend.

X comme le film depuis le haut du palier à l’ESIER, X l’inconnu qui nous attend quelque part, XXXX le chant des cigales.

Y comme y’a du soleil et pas d’nanas, Yeti, youpi l’école est finie, yaouh.

Z comme zig-zag, z’é trop bu, Zidane, Zitouni.

Dominique, Sophie, MAP, Geneviève, Za², Niot, Agnès, Jérôme, Estelle, Chouchou, Cécile D, Loh, Lisa, Elise, Zitoune, Pierre, Cécile E, Jean-Luc, Simon, Guillemette, Fabinou, Stéphanie, Dabot.


L’Amicale dans tous ses états ! ! !

La mission de l’Amicale 2001-2002 touche à sa fin ! Ainsi les élections de la nouvelle Amicale auront lieu le LUNDI 25 NOVEMBRE. La passation se déroulera le soir même ! En ce qui concerne le concours culinaire du mois dernier, je tiens à remercier tous les participants car ce fut une franche réussite. Je tiens également à remercier les 2 initiateurs de ce concours, j’ai nommé Ju et Flo ! La qualité, l’originalité, les saveurs des quatre coins de l’Engees étaient au rendez vous, et croyez en mon palais (j’étais juge !), tout était succulent ! Certains sont allés dans les moindres détails : nappe, chandeliers,…Il a fallu malgré tout départager les 14 équipes dont je vous rappelle le classement :

1 Sous le signe de L’Hexagone 2 Au fin palais 3 Le pur délire 4 Sud Ouest 5 Kid chaîne 6 On s’en fout 1 7 Exotisme 8 Goûtons le monde 9 Crocronettes 10 On s’en fout 2 11 Les Mariniers 12 C’est nous ! 13 Martini 14 Sardou

Encore merci à tous pour cette excellente soirée !

La dernière mission officielle de l’Amicale approche, ce sera : L’APERO GASTRO MARDI 19 NOVEMBRE en Azinières. . Le principe c’est que chacun apporte une spécialité (qui se mange ou se boit !) de sa région que ce soit sucré, salé...Ensuite chacun peut déguster tout ce qui a été apporté ! Virginie, Arnaud, Cynthia, Emilie, Matthieu, Poupon, Ju et Flo tirent leur révérence et souhaitent bonne chance à leurs successeurs !

Emilie pour l’Amicale !


Un « billard » de raisons d’y venir…

Alors que s’ouvre la porte menant au foyer, le bruit d’une vive percussion de boules s’élève brusquement du sous-sol, d’où provient par ailleurs une vague lumière, accompagnée de musique, de rires et de voix multiples… D’un pas vif, les marches menant à ce lieu d’agréable perdition sont dévalées ; il ne reste plus qu’à prononcer l’allocution consacrée « On prend la gagne ! », s’entendre répliquer « Y’en a déjà trois », le virage sec à droite se négocie tranquille et… plongeon dans le « foyer du bas », antre du billard (et de nombreuses choses que la bienséance m’empêche de citer ici).

Tout au fond, coincés entre ce qu’il est convenu de nommer des aquariums et de nombreuses caisses de bouteilles consignées (prêtes à partir depuis…oh là, au moins ! peut-être même plus…), on voit des gens, en vrac sur des canapés et des fauteuils dédiés au confort comme au mauvais goût (mais on s’en fout), au sommeil comme à la discute, au manger comme au boire… Dans l’air, les conversations se mêlent à la musique (quand la sono est là) et aux exclamations émanant d’un groupe de personnes situées au premier plan, qui parlent en toute décontraction de queues et de boules, de trous et de bande… c’est du billard !

Ce sport ( ? ?) convivial et sympatoche à l’extrême, introduit au sein de l’ENGEES depuis l’an dernier, permet de chacun de trouver un peu de bonheur. Là où il fait la différence avec d’autres loisirs, c’est qu’il ne réjouit pas seulement ses adeptes, que nenni ! Sa présence dessert même ses détracteurs, puisqu’une personne qui joue au billard, c’est une personne en moins qui squatte un ordi, un baby-footeux qui ne jouera pas des coudes pour glaner une place, quelqu’un qui n’empruntera pas le tome 7 de l’Encyclopédie du Béton Armé ou le dernier exemplaire du Code de l’Urbanisme, ouvrages que tu désirais si ardemment consulter !

Mais attention… ne te moques pas du billard, sinon le billard se moquera de toi, alors « que tu sois débutant ou confirmé » (non non ce n’est pas une annonce du club rock), ne délaisse pas ce magnifique tapis vert, viens t’essayer à ce sport et goûter au magnifique cadre qui l’entoure. Tu y trouveras toute un palette de joueurs et joueuses, aux styles pour le moins variés, parmi lesquels tu te reconnaîtras peut-être…

De plus, le billard peut t’aider dans ta démarche personnelle de recherche sur toi même en vue de ta préparation à l’emploi (si avec ça les plus acharnés au boulot ne rappliquent pas, y’a plus d’espoir) car il te révélera ta personnalité profonde, comme il révèle et exacerbe celle des autres : technicité, concentration (et sournoiserie) pour Arnaud « Goodtime », sens du spectacle et amour du public chez Mr Clément « Buchette », décontraction – rigolade – talent chez les Mousquetaires, amour de la SNCF (vive les petits trains) pour Virginie la Prez’, « artisme » chez Christophe et JB (alias Steven), capacité au meilleur et surtout au pire pour Tai Chi et moi-même, détachement spirituel chez Pascalou (un coup je plane, un coup je plane plus), finesse et précision chez Nat’ et Helen ;-)… j’en passe, j’en oublie, à toi de venir te faire une idée et d’apprivoiser ce billard si affectueux ! Tu t’y feras vite, et si l’envie te prend d’en essayer d’autres, tu reviendras la queue entre les jambes, parce que sur les autres billards tout est étrange : les boules vont tout droit, les bandes rebondissent pour de vrai, y’a du bleu sur les queues, le tapis est tout uniforme… bref c’est l’horreur. A l’ENGEES, c’est du sport, de l’art, c’est plaisir, c’est bonheur… Peut-être même que qu’à l’instar de certains, ton sens artistique et poétique se développera et que tu apporteras ta touche perso aux peintures locales !

Comme tu le vois, tu as tout à gagner à venir jouer, à moins que la perspective de bosser ta RDM ou ta GSP ne te réjouisse plus encore, ou que tu ne craignes pas l’autisme latent dans lequel peuvent te plonger les ordinateurs.

Sur ces bonnes paroles, je clos ce qui représente ma première contribution écrite à cet hebdom… euh trimestr… euh bimens… enfin à ce truc qu’on appelle pour d’obscures raisons le « Grand Vicaire », et qu’il ne soit pas dit que je n’aurais jamais fait du social : je viens d’apporter un maigre réconfort à un président miséreux en manque d’articles pour assurer la pérennité de sa condition.

Seb


L’héraldique

Qu’est-ce que c’est que ça ? Non ce n’est pas une maladie ni un sport syldave inconnu. Ceux qui ne connaîtraient pas et qui consulteraient leur Petit Larousse apprendraient qu’il s’agit d’une « discipline ayant pour objet la connaissance et l’étude des armoiries ». Et bien c’est de ce sujet dont je vais vous parler pendant quelques lignes (pour ceux qui auront le courage de lire jusqu’au bout…).

Les armoiries sont probablement apparues sous leur forme actuelle au Moyen Age, afin de permettre aux combattants de reconnaître leur camp dans la mêlée des guerres féodales. Elles sont donc très fortement lié à la chevalerie et la noblesse puisque ce sont « les emblèmes de communautés et de familles » (dixit toujours le Petit Larousse). Mais elles représentent aussi des provinces, des villes et des pays. C’est d’ailleurs sous ces formes que nous les rencontrons aujourd’hui. Pensez par exemple à la tête de Maure de la Corse ou à la croix blanche sur fond rouge de la Savoie.

L’héraldique, de par son extrême variété dans ses composantes constitue un art qui obéit à des règles et un vocabulaire bien précis.

En voici quelques éléments.

Sachez tout d’abord que l’écu, qui est le bouclier portant les armes, se regarde comme une figure humaine, son flanc dextre (c’est le terme) est à notre gauche, son flanc senestre à notre droite. Le haut de l’écu est le chef, le centre, le cœur et le bas, la pointe. Les couleurs employées sont peu nombreuses et possèdent chacune un code graphique standard pour les représentations noir et blanc. On distingue :

-  les émaux : gueules (rouge – hachures verticales), azur (bleu – hachures horizontales), sable (noir – hachures horizontales et verticales), sinople (vert – hachures obliques descendant de dextre à senestre), pourpre (violet – hachures obliques descendant de senestre à dextre) et orangé (… orange – hachures obliques croisées),

-  les métaux : or (jaune - pointillées) et argent (blanc – blanc…).

On ajoute aux métaux et aux émaux deux fourrures :

-  l’hermine, que vous connaissez par les armes de Bretagne, puisque celles-ci sont « d’hermines plain »,

-  le vair, représentation stylisée d’une fourrure moyenâgeuse faite de dos et de ventres d’écureuils alternés, en bleu et blanc (donc « d’azur et d’argent »…).

Mais plutôt de continuer de vous ennuyer avec un pseudo-cours d’héraldique, je vous propose de vous décrire quelques armoiries pour vous présenter cette grande richesse de l’héraldique.

Peut-être avez-vous remarqué que dans le haut des fenêtres de la Gallia, sont situés des vitraux représentant des villes alsaciennes, grandes et petites. Voici la description de quelques-uns. Vous pourrez ainsi les voir en vrai et en couleurs la prochaine fois que vous mangerez au RU, à condition qu’il fasse jour…

Strasbourg

En français courant, le blason de la ville se décrirait ainsi : c’est une grande barre rouge oblique descendant de la gauche vers la droite sur un fond blanc. Et bien en héraldique c’est : « d’argent à la bande de gueules », la bande étant la barre oblique descendant de la gauche vers la droite, et si elle était descendue de la droite vers la gauche, elle aurait été une « barre ».

Colmar

C’est un blason comportant une moitié rouge à gauche, et une moitié verte à droite, avec sur le tout une masse d’armes. La description des armes de Colmar est donc : « Parti de gueules et de sinople, à la masse d’armes d’or brochant sur le tout et posée en barre ». Le terme « parti » représente la division verticale de l’écu, la division horizontale est désignée par « coupé ». Certains considèrent qu’il ne s’agit pas d’une masse d’armes mais d’une « molette colletée », c’est-à-dire un éperon de cavalier.

Mulhouse

« D’argent à la roue de moulin de gueules », puisque Mulhouse, signifie « maisons du moulin ».

Alsace

Celles-ci combinent celles de Basse-Alsace et celles de Haute-Alsace : « parti : au premier de gueules à la barre d’argent côtoyée de deux cotices fleuronnées du même (armes de Basse-Alsace contournées), au deuxième, de gueules à la bande d’or, accompagnée de six couronnes du même, posées en orle, celle de la pointe opposées à celles du chef (armes de Haute-Alsace) ».

Le terme « contournées » signifie que ces armes ne se présentent pas dans le sens original, mais comme reflétées. Les armes de Basse-Alsace sont donc « de gueules à la bande d’argent cotoyée de deux cotices fleuronnées de même ».Quant à « posées en orle », cela signifie que les couronnes font le tour de l’écu, près de son bord, mais sans le toucher.

Et maintenant jouons un peu pendant notre repas au RU ! A quelle ville correspondent les armes décrites ainsi : « d’argent à l’aigle de sinople, au chef d’azur chargé de deux lys d’or » ? Et celles-ci : « parti : au premier d’azur à la bande d’or côtoyée de deux cotices fleuronnées du même, au second de gueules au grand portail classique d’église de deux tours d’argent, celle de dextre sommée d’une croisette du même, le tout ouvert de deux portes » ?

Il n’y a rien à gagner et les réponses (si jamais vous en avez besoin, ce qui serait étonnant étant donnée votre immense perspicacité) seront données dans un prochain numéro du Grand Vicaire.

Fabien


Chapitre Quatrième : Le lithothamnium impaludé

Cela faisait quelques secondes maintenant que l’Evènement avait eu lieu. Les vaisseaux scientifiques n’avaient pas bougé d’un pouce. Les journalistes continuaient leur lent ballet spatial. L’armée restait sur le qui-vive.

Dans la Conquérante, le vaisseau personnel de l’Empereur, personne ne disait mot. Suite à l’ordre donné de ne pas émettre, le suspense était encore plus intolérable qu’il n’avait plus lieu d’être. De là où ils se trouvaient, aucun des trois hommes ne voyait quoi que ce soit, et ils ignoraient encore ce qui avait bien pu se passer. Dusti Ren Milho et Sarlhen Padask restaient persuadés que la nature de l’événement était d’ordre immatériel uniquement, mais ignoraient quelle branche de la Science il allait concerner.

L’Empereur, lui, ne se posait pas autant de question. Il voulait simplement savoir et enrageait d’être ignorant. Comment était-il possible que lui, l’homme le plus important de l’univers connu, ignorait ce qui se passait en un minuscule et ridicule point perdu de l’espace ? Certes, il comprenait que les scientifiques passent un peu de temps sur leurs appareils pour vérifier et comparer leurs enregistrements afin de lui faire un rapport le plus exact possible, mais cela ne devait pas prendre tant de temps.

Une pensée folle lui traversa soudainement le cerveau. Son esprit entraîné à l’intrigue et la trahison (donc à la paranoïa) venait de supposer que si les scientifiques ne donnaient plus signe de vie, c’était qu’ils n’étaient plus en état de le faire. Après tout, on ignorait tout de la nature de l’apparition qui venait de se produire. Il pouvait s’agir de quelque chose de tout à fait dangereux, de tout à fait imprévisible. Le manège incessant des journalistes le rassura un peu, mais il restait malgré tout sur ses gardes.

Enfin, une communication du responsable scientifique sur place retentit dans le vaisseau impérial "Après première vérification, nous sommes dans le regret d’annoncer que l’opération s’est soldée sur un échec."

Les mots retentirent dans la salle d’observation et ne rencontrèrent que le silence. Lentement, les visages des trois protagonistes reflétaient des émotions différentes : l’incrédulité pour l’auteur de la découverte, la honte pour le responsable de la Science et la colère pour l’Empereur. Ce dernier s’adressa à Padask pour lui demander confirmation, d’une voix vibrante :

"Pouvez-vous m’expliquer ce que cela veut dire ?

- Donnez un peu plus de précision, demanda Padask à celui qui venait de parler, d’une voix pas très assurée.

- Eh bien… Aucun vaisseau n’a enregistré quoi que ce soit, enfin, c’est à dire, rien que le bruit parasite normal.

- Et vous n’avez rien vu ? demanda à nouveau Padask d’un ton qui espérait une planche de salut.

- Rien. Désolé.

- Vous comprendrez bien évidemment, repris l’Empereur à l’adresse de Padask, que le montant de l’opération qui vient de lamentablement échouer, sera retenu sur votre salaire et que vous aurez sans doute à vous trouvez un nouveau successeur."

Et l’Empereur se retira dans ses appartements, laissant sur place les deux scientifiques consternés. Milho se doutait bien que les répercussions de cet échec ne le rateraient pas lui non plus et poussa un soupir de dépit.

Ne s’avouant toujours pas battu, Padask demanda aux vaisseaux des journalistes s’ils avaient perçu quelque chose, mais la réponse fut là aussi négative. Il insista pour la forme mais il n’y croyait plus, il s’avouait battu et commença à se résigner.

" On a bien un petit bruit, continuait le responsable des communications, mais sans doute dû à un appareil défectueux.

- Comment ça ?

- Une caméra placé à l’extérieur d’un vaisseau a enregistré un petit bruit, quelque chose comme "blip", mais c’est absurde puisqu’elle se trouvait dans l’espace, elle n’a donc pas pu enregistrer le moindre bruit.

- Quand est-ce que cet enregistrement s’est effectué ?

- Pardon ?

- Est-ce que ce son correspond au moment prédit pour l’Evènement ?

- Oui, mais je ne vois pas…"

Padask ne l’entendit plus. La vie venait de brusquement refluer vers son visage. Un son dans l’espace ! Voilà l’événement auquel ils devaient s’attendre ! Quelque chose d’impossible, de tellement incongru qu’ils n’avaient même pas pensé à installer un micro comme appareil de mesures. Déjà, dans son cerveau brutalement libéré, il entrevoyait les conséquences que ce simple "blip" allaient avoir. Elles seraient sans doute extraordinaires.

FIN

J.-P. Gridenant


BLUES IS ALIVE !

Blues is alive, c’est ainsi que s’appelait un article que j’avais écrit dans le Grand Vicaire il y a déjà plus d’un an de cela. J’avais alors l’intention de faire le pendant de la rubrique Jazz de Paul Cancel (4A). Projet avorté, le Grand Vicaire en a coutume ! Je reviens dans ce numéro à la charge avec la critique de deux albums récemment parus, The Ragpicker’s Dream et Run The Border. La classification blues, peu importe, s’il y a des puristes, au fait… En tout cas, s’il y a des amateurs de blues, la rubrique pourrait s’étoffer d’autres rédacteurs. Et si quelqu’un se sent de reprendre le créneau jazz… électro ou autre, pourquoi pas ? Le GV recrute…

The Ragpicker’s Dream – Mark Knopfler [2002, Mercury]

Deux ans seulement se sont écoulés depuis la sortie de Sailing To Philadelphia et voilà que déjà nous revient Mark Knopfler pour son troisième album solo. A cinquante-trois ans, la page Dire Straits est définitivement tournée pour l’ancien sultan du swing. Exit le guitar hero, c’est un homme bien tranquille, apaisé et rassasié qui se livre à nous. Bien loin de décevoir, Knopfler offre un album à la limite du concept album, à la cohésion et à la continuité certaines. Knopfler se pose ici comme observateur de la vie moderne et dérive définitivement vers du songwriting, très roots, à la limite du blues ou/et de la country. Surprenant aussi par son côté épuré, cet album n’offre pas de solos de slide dont l’ex leader de Dire Straits avait le secret. Sa technique est bien sûr toujours là mais elle se retrouve directement au service des textes. L’album de la maturité pourra-t-on sans doute lire ici et là… Les fans de Dire Straits ne s’y retrouveront en tout cas pas avec cet album, dans la droite lignée de Sailing To Philadelphia. Minimaliste à l’extrême, difficile d’approche, tout cet album tient finalement en un mot : simplicité.

Ceux qui ont apprécié cet album pourront sans aucune crainte acheter le précédent, déjà cité, Sailing To Philadelphia, mais également Mojavé Dust de Kevin Brown, album minimaliste et épuré s’il en est (guitare slide et voix uniquement). Mark Knopfler dit de Kevin Brown qu’il est le meilleur guitariste de slide actuel.

Run the border – Big Ed Sullivan [2002, Dixiefrog]

Big Ed Sullivan aura mis longtemps pour se faire découvrir mais le jour où Popa Chubby l’a découvert, un guitar hero était incontestablement déjà né ! Impossible désormais de rater ce guitariste impressionnant de l’école heavy blues new-yorkaise. Ce dont Chubby ne se doutait sans doute pas, c’est que le poulain allait dépasser le maître… Run the border s’ouvre sur un déferlant Swamp Stompin’ qui donne le ton. Big Ed Sullivan nous fait partager son talent de guitariste hors pair avec des solos ravageurs. Jamais une telecaster n’en aura tant offert depuis la mort du regretté Albert Collins. L’album pourrait se résumer à cela, un gigantesque riff parfaitement maîtrisé. Pourtant, sans réellement innover, Big Ed écrit également de très belles compositions, dont l’impeccable Lost in the blues, appelé à devenir un classique du genre. Un souffle d’air décoiffant dans un univers musical où les reprises deviennent trop routinières !

Le premier album, Big, est bien évidemment à conseiller à ceux qui auront apprécié cet album. Big Ed Sullivan y cherche encore son style musical, oscillant entre country, talking blues, hillbilly, rock et heavy blues. Quelques morceaux qui n’ajoutent rien au répertoire blues. Les amateurs de heavy blues se reporteront sur les albums de Popa Chubby et de son écurie, certains réservant cependant de (très) mauvaises surprises !

Autre sortie récente à signaler, Scars, premier album du groupe du même nom, auquel fait partie Gary Moore. Le son est très hendrixien, Monsieur Moore revient un peu plus heavy (décidément !) et les décibels donnent à tout va ! Egalement récemment paru : Rendez vous with The Blues, de Melvin Taylor avec Lucky Peterson en guest. Si vous en voulez encore, il y a toujours le dernier John Mayall, Stories, l’un des meilleurs albums des Bluesbreakers depuis longtemps. Enfin, je ne peux pas m’empêcher de citer (hors blues) les deux albums de Frank Black and the Catholics (Frank Black, ex Pixies) : Devil’s Workshop et Black Letter Days. Deux petits bijoux de rock.

Enjoy !

Bob.

PS : en demandant gentiment, le monsieur, il prête les disques !


Brèves du mastère MD…

Christophe Schwartz, en cours sur les sols urbains et industriels, nous file les bons tuyaux du métier de pédologue : « Les enfants ingèrent environ cinq grammes de terre par jour… C’est un bon moyen de dépolluer ! ».

Tant pis pour les cours de management qu’on aura pas eu, Monsieur Graff nous en apprend les rudidements en écotoxicologie : « Il faut ménager la chèvre et le chou. Accessoirement il faut ménager les employés ! ». Il en profite pour nous faire découvrir les joies de la parthénogénèse : « Les femelles donnent naissance à des femelles… Elles s’appellent Marie. » Il complète : en cas de pollution, les femelles donnent naissance à des mâles : « Pourquoi ? …bah quand ça va mal, on appelle toujours le mâle ! »


BREVES

Agnès Hermann a de l’imagination : « il est inimaginable d’imaginer … »

M Héry… le polisson ! le chenapan ! « Toute créance, née à partir de … oualou ! »

M. Dommange, l’expert des innovations technologiques « Les petits pots pour bébés bios… enfin … c’est les pots qui sont bios »

Le fromage de la honte « Elle est dévalorisée en même temps que son camembert. » M. Dommange

Soirées folles de la ménagère et ses mœurs douteuses « La ménagère est dévalorisée en moyenne tous les trois soirs » M. Dommange

Bob Mosé se sent parfois seul devant son écran d’ordinateur… « On va passer en string » (cours d’exel)

Bob toujours et son style si particulier « Alors les cours d’informatique, j’aime pas ça. Puis les troisième années, je les aime pas. » « Bon ! Comment dire ? … euh. J’ai merdé. »


Dis : Entre madeleine et rose.

C’était une belle journée d’automne qui s’annonçait. Genre calme, paisible et reposante après tant d’excitations et de précipitations. On se prend à savourer ces instants de détente. On prend le temps de réfléchir. Et là au milieu de cette belle après-midi me vint une idée. J’aime ça regarder le temps qui passe pour se retrouver avec soi-même. Rester là, souffler et regarder.

Dans une de mes lectures lors de cette après-midi, je tombais sur un jeune auteur. Son héros conduisait une des batailles des plus honorables. Dis servait avec la plus belle des fougues. Mais le devoir l’appelait en d’autres contrées. Il devait bientôt partir. Sachant ses jours comptés dans la cité qu’il défendait, il s’attachait à se trouver un successeur. Tous dans la cité admiraient en lui ses qualités, mais aucun ne semblait vouloir prendre sa place. Il avait beau leur narrer combien cette aventure était belle, pas un ne bougea. Il s’exaltait dans ses souvenirs ses conquêtes et victoires. Je refermais le livre.

Ces combats que tu as mené Dis sont les tiens. Mais ils ne sont plus aujourd’hui que de belles histoires que les pères racontent à leurs enfants. Mais pourquoi personne ne veut donc reprendre ta place et servir la gloire de la cité ? Sont-ils trop peureux, trop attachés à leurs commerces ? Dis, tu sais que sans défense la cité tombera sous les coups de ses rivales. Cela te révolte. Hélas cette ville a bien changé depuis ton arrivée. Dis, tu as changé toi aussi, tu le sens toi-même : une nouvelle étape de ton existence est à son avènement. Ce départ est inéluctable, et avant cela tu veux accomplir une dernière chose pour la cité. Tu veux que quelqu’un te succède et poursuive ton œuvre. C’est tout à fait compréhensible : personne ne laisserait s’effondrer une cité qu’il a défendue. Bien que les habitants aiment écouter tes histoires, ils ne veulent pas risquer leurs vies comme toi. Ton monde sans successeur sera rangé comme un livre dans une étagère de bibliothèque. Sous la poussière, on t’oubliera et ton monde se perdra. Ton monde se perd. Mais c’est bien parce que c’est ton monde qu’il se perd. C’est toi seul Dis qui a connu les griseries des épopées chevaleresques. Grâce à tes victoires tu as permis aux familles de la cité de vivre dans la paix, mais ils ne veulent pas se battre. Ils ont connu la paix et ne veulent plus jamais combattre. Dis, tu auras été le propre fossoyeur de ton œuvre. Les gens ont changé depuis que tu es arrivé. De nouvelles générations sont nées et apprécient la paix dans le territoire de la cité. S’ils ne veulent pas continuer à défendre leur cité, celle-ci tombera. Tu les avais certes prévenus mais malgré et tes exhortations à prendre ta succession ils ne t’ont pas suivis… Toutes ses histoires seront recouvertes par la poussière. Le temps fera son œuvre, on t’oubliera. En tout cas c’est ce que tu penses. Dis sous le joug des cités rivales, certains s’inspireront de toi et mèneront les combats. Tu ne seras pas oublié, mais le temps passera.

C’est bien cela qui t’effraie : que le temps passe et que ce que tu as bâti s’effondre. Pourtant il restera un endroit où le temps n’aura pas de prise : dans ta mémoire. Certes tu disparaîtras un jour, mais il restera de toi dans ces familles, dans leurs descendants, dans leurs livres, dans les chansons qu’ils feront. Pour tous les jours à venir, ils se souviendront et toi aussi tu te souviendras. Les combats pour la cité, les nuits de peur à attendre, ce lever de Soleil prémisse d’une dernière bataille pour achever la paix aux frontières. Mais prends garde, ses jours s’en sont allés, rien ne pourra les ramener. Ne t’enferme pas non plus dans leur évocation. Dis tu dois vivre. D’autres aventures t’attendent. Les souvenirs sont faits pour se rappeler et ne jamais oublier, mais surtout pas pour y vivre. Le temps passe, alors vit avec lui. A rester perdu dans tes souvenirs, tu rateras tant de nouvelles choses. Tu te perdras et tu useras ton temps trop vite. La mort t’attendra bientôt et tu n’auras pas vécu. Les opportunités que t’offre la vie t’attendent ailleurs, n’attend pas, ne rate pas ce départ. Prends ce bateau et traverse cet océan d’inconnu, vas voir de l’autre côté du rivage. Tes souvenirs t’accompagneront alors de la plus belle des façons : à côté de toi, toujours présents pour ne jamais oublier les habitants de la cité. Entouré par ta nouvelle vie et tous ceux que tu as servis avec ferveur le temps passera mais il sera tellement agréable.

Ronsard et Proust.


La mort aux trousses…

(fin de l’épisode 1 tronquée lors du N°18)

Tem jeta un bref coup d’œil. Quelques secondes plus tard, il vit la femme sortir de l’immeuble. Il démarra la F-550 Marinello qui rugit vers l’immeuble… décidément, 0-100 en moins de cinq secondes , un vrai bijou ! La Ferrari s’élança à toute vitesse dans la rue.

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Sara entendit le bruit d’une voiture qui fonçait. « Encore un taré qui fait son beau » se dit-elle en posant le pied sur la route sans même y accorder un regard.

2. Tem

La Valkyrie*, accompagnée d’un vibrement, sortit de la poche de Sara. Elle prit son portable et répondit en remontant sur le trottoir. C’était encore Lili qui…

Derrière elle, une voiture passa à une vitesse folle, arrachant quelques rétroviseurs sur la droite, puis grillant le feu rouge au fond de la rue. « Encore un qui a eu son permis dans une pochette surprise » soupira intérieurement Sara avant d’écouter Lili se plaindre du 95ème type qui l’avait larguée sans autre forme de procés. Sa sœur devait attirer ce genre de types…



Tem rageait dans la voiture. Quel abruti, quel sombre crétin !! Sa cliente avait joué de chance et le commanditaire allait sûrement pas être heureux… Cette histoire allait encore lui coûter chaud… Met ne pouvait se permettre l’échec, sous peine de ruiner une réputation patiemment forgée en dix ans d’inventivité…

Bizarre, le type n’avait même pas bronché, ni ne l’avait traité de tous les noms. Si le Client** pouvait être aussi conciliant à chaque fois… Il n’avait même pas contesté l’explication par le coup du portable ; il paraissait plutôt soulagé, peut-être. Bah. Il faut dire que ne jamais poser de question était le credo de Tem… Néanmoins, il se demandait pourquoi l’on s’obstinait toujours à faire subir à son prochain des tas de choses désagréables en regrettant après***.

Son prochain plan serait un inédit et ferait sombrer la police dans un ridicule profond…

* l’air de musique seulement, elle ne sort pas comme un lapin d’un chapeau… et puis d’abord, elle ne tiendrait pas dans la poche, à cause du cheval et du char céleste, vous comprenez.

** Attention, il faut bien différencier le Client, avec un grand C, qui donne des sous ; et le client, avec un petit c, à qui il arrive des tas de trucs souvent très douloureux. Faut être rigoureux, dans ce métier.

*** soit en ayant des remords sincères, ce qui est très rare, mais plus souvent en voyant que 100.000 € s’étaient évanouis de son compte dans les poches d’un mec pas recommandable…

FF.


La veille économique*, ou : Rions avec l’éthique en attendant l’apocalypse.

* : veille économique : il s’agit du travail de surveillance du marché et de la concurrence par les entreprises. (synonyme, selon moi, d’espionnage, mais totalement légal…)

Définitions de mon petit Robert : Ethique : Science de la morale, art de diriger sa conduite. Déontologie : Théorie des devoirs, en morale.

J’avais besoin de recadrer cette notion depuis qu’elle fut déstabilisée pour moi, par le cours d’intelligence économique. Ce cour a tout de même de quoi vous percuter la morale. * * * Une notion amusante : La propriété intellectuelle est un danger pour l’intérêt collectif. En effet, si vous brevetez votre idée elle devient inaccessible à l’humanité qui pourrait en avoir beaucoup besoin. (molécules pharmaceutiques, génome, etc.). Pas faux. Du coup il ne faut plus de propriété intellectuelle au nom de l’intérêt collectif. J’ai le droit de plagier et d’espionner mon voisin pour le bien public, nous dit le veilleur économique. Je réponds : certes, si l’information ainsi usurpée se répercute sur le bien être de l’humanité et non sur les gains d’un individu ou d’un groupe d’individu (en l’occurrence, l’entreprise). Question à deux centimes d’Euros : Est ce que la veille économique serait une vision hégémonique du bonheur humain ?

Si la propriété intellectuelle prend fin là où débute le profit de l’entreprise, je m’émeus. (mais meuh.)

* * *

La sempiternelle notion de sélection naturelle, que les esprits simples assaisonnent à tous les secteurs de notre belle société, s’est aussi immiscée dans la théorie économique justifiant la veille du même nom. Je m’explique. (mais splic). Un entreprise, si elle est mal adaptée à son environnement économique, est naturellement sélectionnée (au même titre, pour prendre un exemple parlant, qu’un humain fragile est « sélectionné » par la peste bubonique) par ses concurrentes. Elle était pas la meilleure : elle disparaît. (ça ne vous rappelle pas M6, TF1, ou le libéralisme économique ?). Raisonnement un peu simpliste pour ne pas dire carrément simplet.

Exemple : Les dirigeants d’antan n’étaient pas malheureux, durant la première guerre mondiale, d’avoir tout un tas d’usines « mal adaptées » à l’époque pour les reconvertir en usine d’armement. La sélection naturelle des entreprises, c’est ce qui crée Mac Do, Danone, Total, et Vivendi Universal (euh... exemple périmé). C’est ce qui massacre l’artisanat, le commerce de quartier, les formes de vie faiblement consommatrices.

Il s’agit d’un concept micro économique, en l’occurrence inadapté aux échanges mondiaux et encore plus inadapté au but théorique de la société : le bonheur humain. Si la sélection naturelle peut parfois s’appliquer à l’individu elle connaît de nombreuses limites quant on élargit un peu l’échelle. * * *

L’ancien concept de concurrence qui pouvait faire choir les prix (un des seuls avantages que l’individu puisse tirer d’une société consommatrice) est déchu. Si un concurrent casse ses prix non seulement il se fait une paire d’ennemis pas tendres du tout, mais en plus il peut être absolument certain qu’il sera rapidement rattrapé (ne serait ce qu’à cause de ladite veille économique qui rend absurde le secret professionnel). La baisse des prix ne sera pour lui qu’une perte nette, sans même avoir gagné la reconnaissance des consommateurs qui, dans leur frivolité, s’en tamponnent le coquillard. La loi n’est plus dictée aujourd’hui par des monopoles traditionnels mais par des monopoles communautaires : les corporations ne sont plus celles d’antan… elles sont mille fois plus puissantes et inhumaines. Un exemple de leur toute puissance : les tentatives ridicules de boycott d’une multinationale sont une preuve de notre furieuse impuissance. Aujourd’hui la tonte du mouton se fait à plusieurs.

* * *

Une autre bien belle idée évoquée est la suivante. On connaît aujourd’hui les cycles de vie et de mort des entreprises. Elle naît, grandit, stagne, puis meure selon un déroulement plus ou moins prévisible. Donc pour un marché ultra rapide comme le notre ce qui est intelligent économiquement c’est d’accélérer la mort et de réduire la stagnation. Ainsi il est « bon » de créer beaucoup d’entreprises dont les durées de vie seront faibles. On assure alors un maximum de production de richesse et un minimum de perte de l’investissement. Quelqu’un se souvient-il de la raison d’être d’une entreprise ? Ben non, ce n’est pas le profit. C’est l’intérêt qu’y trouvent les employés (rappelons que ce sont les humains qui constituent la moelle de l’entreprise). Le chômage ne constitue que rarement leur centre d’intérêt primordial.

* * *

Vous noterez que la veille économique se pare d’un cri de guerre élogieux : « nous respectons à la lettre l’éthique et donc la déontologie ». Selon leur définition, oui. Selon eux, éthique désigne « la ligne de conduite que l’on se fixe » (dans leur cas, c’est le respect strict de la légalité) et déontologie est le respect de cette ligne. Il n’y a pas de rapport avec la morale. La ligne choisie peut être n’importe quoi. Le profit pur est un choix possible. Là, je me dis que Hitler lui même était fidèle à sa ligne de conduite. Ca veut dire quoi « éthique » ? ? ? ?

Oui, l’éthique peut être parfaitement immorale. Bien alors, moi, cette éthique, je m’en badigeonne le nombril avec un pinceau d’indifférence. Autrement dit je n’en ai rien à secouer. Ce qui compte pour pouvoir se regarder dans une glace c’est sa morale personnelle et le respect que l’on en a.

Bon voilà ça faisait longtemps que je l’avais pas ramenée moi. Ca fait du bien de se défouler. N’en déduisez pas que je hais la veille économique (je sais, comme ça , on pourrait le croire !). Cette matière est passionnante (j’ai toujours été fan de James Bond, celui de Sean Connery ou Roger Moore uniquement) et surtout je sais que la veille est le passage obligé pour qui veut croître dans la société. LA question : le veux je ?

Utopist Zitoune


Lit, thé (à la menthe !) et ratures

Pleins feux aujourd’hui sur un style qui bénéficie de la plus affreuse des réputations littéraires : l’essai philosophique. Mon auteur du jour : Albert Jacquard. J’ai lu deux ouvrages seulement mais ils ne sont pas des moindres dans mes souvenirs de lecture.

Voici venu le temps du monde fini

Notre terre arrive à saturation. La science est devenue une reine aveugle. L’humanité n’a plus le choix : elle se doit de dépasser son adolescence pour devenir enfin adulte.

Albert J. enchaîne raisonnements philosophiques sur démonstrations physiques, il allie la richesse de l’individu à la force de la morale, il rappelle les puissantes questions où nous a poussé la raison… la science jusque là où la logique à de quoi vous rendre fou.

(exemple : sa valeureuse démonstration que, dans un raisonnement mathématique, la ligne droite est un parcours égal en distance au parcours qui passe par un point éloigné de cette ligne !) Ca parle de tout en science, en géopolitique, en ethnologie, en génétique, et j’en passe.

Le bouquin est très court, vif, surprenant. Le style de Jacquard est fluide, simple, et dynamique. On réfléchit, on remet en question sans se prendre la tête.

Petite philosophie à l’usage du non philosophe

Mon ancienne prof de philo ( ! ) interroge Albert J. sur des questions de philo classique et sur des sujets plus brûlants d’actualité.

La réflexion est forte, quoique un poil répétitive. Les idées sont souvent bien vues et toujours originales : l’éducation par les outils, le développement respectueux, la communauté méditerranéenne, la démocratie par l’anonyme … voilà matière à cogitage. Le style est plus rude que celui du précédent bouquin mais ça se laisse lire tout de même.

A bon lecteur… Zitoune


Le melodic metal, qu’est ce que c’est ?

Non non, ce n’est pas un joueur de triangle dans un orchestre de musique de chambre… C’est en fait une division du type musical « metal » : vous savez, le truc avec tout plein de distorsion…

Je ne parlerai pas ici des trucs horribles (je précise que c’est un avis personnel) de black ou de death, du style Sepultura bourrinos de base (cf. le morceau Bloody Roots, extrêmement représentatif) où un type braille comme une brute sur trois accords de gratte…

Ce dont je vais parler ici-même, c’est le gentil métal où on y va pas comme des brutes… les groupes les plus connus de cette vague sont Rhapsody (Italie, très épique), Nightwish (Finlande) , Blind Guardian (US), et dans une moindre mesure, Iced Earth et Therion. A l’instru de base, se rajoute tout un tas d’autres instruments qui enrichissent la mélodie : violon, instruments celtiques divers et variés, harpe, orgue, sans oublier les chœurs classiques (sauf pour Nightwish où la chanteuse pourrait déjà interpréter du classique…). Le tout engendre un truc fort sympathique, pas trop mulet, et dont ne sort pas la tête comme une pastèque… et c’est bien appréciable !

FF.

DROIT DE REPONSE DE ZITOUNE QUI VA DEVENIR TOUT ROUGE ! ! ! ! !

Nom de diou ! Halte aux stéréotypes et aux images préconstruites !

Vous avouerez, je pense, que je ne suis pas un ultra violent. Et pourtant j’aime énormément Sepultura. Ben oui. Sepultura n’est pas bourrain. Je découvre avec joie le jazz ces derniers temps. Il s’agit d’une musique qui porte une forte image de noblesse artistique. Et ben ça vous choquera probablement mais je refuse de dire que Max Cavalera n’a pas de talent comparé aux jazzmen. Deux styles différents et incomparables. Le métal ne peut être jugé que par ceux qui en ont la culture (je l’avais dans ma jeunesse mais maintenant je suis à la rue). C’est quant on écoute qu’on peut juger. Sinon on en arrive à des conneries du genre « Iron Maïden c’est bourrain » alors que c’est du rococo musical. C’est de la musique pratiquement kitsch tellement elle cherche de la mélodie.

Sepultura n’est pas bourrain, c’est une musique qui possède une force phénoménale. Elle se base sur des rythmes puissants, des sonorités industrielles et organiques, et une voix gutturale très rauque. (très rock !). Vous voulez du bourrain ? Ecoutez un peu de Obsenity ou du Empaled Nazareth, là oui, c’est rude. J’ajouterais, même si n’a rien à voir, que le pogo n’est en aucun cas de la violence. Au contraire, jamais je n’ai vu de bagarre dans une soirée trash/pogo. Alors que dans le balloches de villages c’est systématique. Il règne dans cette danse, dans cette fosse, une atmosphère assez irréelle de respect et de convivialité, et une certaine intimité.

Ainsi soit-il, Rhapsody est délicat, mais on ne va pas se mettre à écouter du Manowar sous prétexte que la voix est limpide. Sans les voix viriles du Death et les voix sataniques du Black, que devient Septic Flesh et sa mélodie mystique ?

Non, franchement …

Zitoune

(précision : je sais, aujourd’hui je n’écoute que rarement du métal. Je l’ai remplacé par Bob, du Dub ou des trucs sensiblement aussi violents... c’est sans transition, je l’admets. Mais quant je suis tout seul je me réécoute parfois les tubes de ma jeunesse…)


MOTS CROISES

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 I II III IV V VI VII VIII IX X

1. Il aurait pu être 007 / Invisible pour les Nuls 2. Droit / 3,14 3. Le Dalaï Lama y arrive 4. A payer / Legal le … 5. Conjonction de coordination / Prefixe répétitif 6. Pour un alsacien c’est butter / Il roule sur des rails 7. Demi père en verlan / Observer secretement 8. Meilleur sans oignons / Titan et moi forment un titre 9. Son souffle est fort / Pronom personnel 10. Renouvellant I. Puissant héros de l’espace II. Strasbourgeois III. Rend la peau douce / Ami de la brute et du truand IV. Mickael Jackson l’est pour les Inconnus / Avec un 2e L je réponds au téléphone V. Extra-terrestre bégayant / Ile / BEV VI. Vert, il appaise la montagne / Sur la gamme VII. Aussi utilisé dans la bière / Il sait faire le beau VIII. Cravate anglaise IX. 41,3 / NH2=NH2 X. Mon 1er est un insecte, mon second est vagabond


- Note de service -

A l’attention de M Héry (cour d’ingénierie).

Veuillez prendre note qu’aux questions :

« Avez vous fait … ? Connaissez vous … ? Avez vous vu … ? Est ce que vous avez élaboré un … ? Vous avez déjà entendu parler de … ? »

La réponse est : « NON ! ».

Ne pas insister.


Pétition

Si vous aussi vous voulez retrouver les lunettes bleues d’Annie Moisset (couleur escalier A), signez la grande pétition « Raffarin, rends les lunettes à Annie ! » en circulation dans toute promo qui se respecte. Merci et bonne journée.


Philosophie à la petite semelle

Aujourd’hui : apprendre à philosopher

Et voilà, il n’y a pas que les meilleures choses qui ont une fin puisque voici la dernière philosophie du coin de la rue, celle qui arrive sans prévenir et qui vous laisse pantois comme deux carrés de flan. Alors, afin de ne pas laisser la flamme de la réflexion la plus intellectuelle s’éteindre, je vous offre la recette pour vous aussi porter le flambeau de la pensée subtile et révélatrice, celle qui permet à l’homme de supporter chaque jour son fardeau vers des lendemains aussi improbables que dépourvus d’animosité, celle qui vous fera passer pour LE philosophe et tout le monde dira en vous montrant du doigt : « Celui-là, ça se voit qu’il est ingénieur, il parle bien et on comprend rien quand il cause ».

Philosopher, c’est facile. Il appartient à n’importe quel être bipède de développer une théorie sur l’existence de Dieu ou d’affirmer son opinion franche et massive sur l’insémination artificielle du canard laqué. Mais passer pour un philosophe, c’est autre chose. Pour réussir cet exercice difficile, il faut parfaitement connaître les trois règles d’or du métier.

Règle n°1 : Tout d’abord, il ne faut pas oublier que la philosophie est un art qui remonte aux péripatéticiens grecs, voire au-delà. Ignorer cet apport instructif est indigne de tout philosophe. Vous ne pourrez pas passer pour un philosophe digne de ce nom si vous ne faîtes pas de citations qui vous permettront de prouver que vous connaissez et revendiquez cette filiation. Cette règle primordiale a l’inconvénient majeur de devoir se taper tout un tas d’ouvrages incompréhensibles, et surtout d’apprendre par cœur des phrases imbuvables et parfois (souvent) incompréhensibles.

Je vous propose donc une solution de rechange, car il est rigoureusement impossible de couper aux citations. Prenez donc un ton pédant et condescendant et dites : « La philosophie actuelle se doit de se reposer sur les masses et donc accéder à un vocabulaire compréhensible pour eux, et reposer sur des exemples de leur culture ». Vous pourrez par ce fait sortir des citations de ce que vous voulez : Hard-Rock, BD, ou séries télévisées tout en restant crédible.

Je vous offre en exclusivité un petit "truc" infaillible. Apprenez réellement par cœur une citation, si possible très compliquée. Ainsi, si on vous fait la remarque d’utiliser des citations un peu trop abordables par le commun des mortels, ressortez-lui cette citation puis, devant son air ébahi, rétorquez que si vous n’utilisiez que ces citations comme celle-là, vous ne pourriez vous faire comprendre par les non-philosophes (avec un ton très condescendant).

Règle n°2 : si vous devez vous appuyer sur l’Histoire pour étayer vos propos, ceux-ci doivent cependant rester vôtres. Afin de prouver que vous réfléchissez par vous-même, créez votre propre vocabulaire. Il va de soi que chaque mot que vous prononcerez sera à la base d’une philosophie finement concoctée depuis des années dans votre tête.

Ainsi, par exemple, parlez de « positivisme » au lieu d’ « optimisme ». L’optimisme est le fait de penser que la situation est excellente telle qu’elle est, tandis que le positivisme suggère une amélioration de cette situation.

Cela vous permettra de pouvoir préciser chaque terme que vous énoncez et de lancer des débats passionnants sur n’importe quel point de vocabulaire. L’avantage est que la discussion se perdra dans des considérations de sens des mots. Il y aura alors peu de chances que la discussion tourne autour de vos idées en elle-même et votre interlocuteur ne se rendra pas compte que vous n’avez rien à dire.

Règle n°3 : Vous ne serez pas philosophe tant que vous n’aurez pas votre théorie. Qu’elle soit pertinente ou non n’est pas le problème. Un philosophe se penche sur n’importe quel problème, et n’hésite pas à en créer lui-même si possible. Le but est de réfléchir. Plus le sujet sera « intéressant » (c’est à dire incompréhensible par tout autre que vous-même), plus vous passerez pour un grand philosophe.

Exemple : « La langue est sans cesse en évolution. En fait, comment peut-on affirmer que le mot que l’on utilise aujourd’hui ne signifiera pas tout autre chose demain ? On peut donc affirmer que si l’on change suffisamment le sens de chaque mot, selon une logique d’évolution rationnelle, toute phrase peut signifier tout et son contraire. L’ensemble de l’histoire humaine et toute forme de langage seraient donc résumés dans n’importe quelle phrase. En fait, cette théorie elle-même contient toutes les autres. » Etc…

Grâce à ces conseils, vous pourrez obtenir le respect de votre famille et de vos camarades, la gloire, la réussite, la puissance sexuelle, la réussite aux examens, le désenvoutement et plus, si affinités.

NGR


Et moi qui voulais me calmer sur les coups de gueule dans ce numéro… mais grâce à mon sponsor officiel, l’administration de ce sympathique bahut, j’ai encore une magnifique occaze. Merci à eux !

CE MOIS-CI : LA DISPARITION DE LA PHOTOCOPIEUSE.

Un bref résumé de la situation : l’heure est venue de renégocier le marché de la photocopieuse au rez-de-chaussée, qui coûte assez cher à l’école. La question est de savoir si l’on peut réduire le coût par élève (et donc le crédit de la carte), voire même le supprimer en même temps que la photocopieuse.

C’est là qu’est le hic. Comme habituellement dés qu’il y a un dysfonctionnement dans cette école, c’est le corps étudiant qui est accusé… on ne se demande jamais s’il n’y a pas un problème lié à une fenêtre jamais réparée depuis plus de deux ans que je suis là (humidité, chaleur et froid sont bien connus pour être les amis des composants électroniques), ni à des pannes répétées de la machine, etc. Et si la photocopieuse disparaît, devinez qui sera obligé d’aller dans des échoppes payantes ? Probablement pas nos braves dirigeants.

Quelle que soit la décision finale, je tiens à préciser une chose : si, dans le cadre de la vie du GV ou d’un quelconque club, je me vois obligé d’aller payer des photocopies, je présenterai une facture et exigerai un chèque. Même pour 30 centimes d’euro. C’est pas une question d’avarice, c’est une question de PRINCIPE.

FF.


BMP - 1.5 Mo

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